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La naissance du ministère des Colonies

mer, 20/09/2017 - 13:28
La naissance du ministère des Colonies
Source Manioc
Source ManiocLa France a été une des premières grandes puissances européennes à se lancer dans la conquête coloniale, depuis la découverte du Nouveau Monde jusqu’au partage de l’Afrique, en passant par les appétits que suscitaient les richesses, réelles et supposées, asiatiques. 
Le premier empire français colonial était bien plus vaste que le territoire métropolitain, quoique beaucoup plus faiblement peuplé. Assez vite, est apparu au pouvoir la nécessité de réglementer cet espace immense au sein d’officine centrale en vue d’en titrer le plus de profits. Richelieu organise les premières, en créant en 1626 la charge de « grand maître, chef et surintendant du commerce et de la navigation ». L’idée d’une spécificité coloniale se fait de plus en plus pressante, et dès Colbert, la question de la nécessité et de l’utilité de la création d’un ministère affilié, se pose. Pourtant, il faudra attendre la fin du XIXè siècle pour qu’un ministère des Colonies soit effectivement créé. Auparavant, il se greffe sporadiquement sous la forme d’un simple bureau ou d’une direction attribué au ministère de la Marine, du Commerce ou encore de l’Algérie (à partir de 1830). 
Source ManiocC’est à Théophile Delcassé (1852-1923), alors sous-secrétaire aux Colonies (1893), que l’on doit l’appui à la Chambre des députés d’une proposition, dont il avait rédigé le rapport, tendant à transformer son sous-secrétariat en ministère et qui obtint un vote favorable. Le 2 mars 1895, son discours à la Chambre fit un large tour d'horizon des possessions françaises d'outre-mer et mit l'accent sur la répression de la piraterie au Tonkin ; sur les aspects financiers, économiques, humains et sociaux de l'administration de l'Indochine ; sur la situation au Congo ; sur la mise en valeur des territoires africains par l'octroi de concessions – combattues par Jaurès qui y voyait un moyen d'expansion du capitalisme – ; sur la formation, enfin, d'une colonne ayant pour mission de protéger le pays de Kong, en Côte-d'Ivoire, contre les incursions des bandes armées de Samory.

Source ManiocMais il faudra l’investiture d’André Lebon (1896-1898) pour qu’un ministre des Colonies visite officiellement l'une d'elles, le Sénégal. C’est aussi lui qui paracheva l’œuvre de Delcassé lorsqu'il partagea, contre l’avis de Pierre Savorgnan de Brazza, le Congo français (actuels Gabon, Congo-Brazzaville et Centrafrique) en 40 vastes concessions territoriales, totalisant quelque 700 000 km2 sur les 900 000 de l’ensemble, qui devaient permettre à des sociétés privées de mettre en valeur les ressources de la colonie. Ce régime de concession est une première dans l’histoire coloniale de la France qui, jusqu'ici, administrait directement les territoires coloniaux. Il est possible d’y voir une des premières causes de l’effondrement du second empire colonial français : renonçant à faire lui-même les investissements nécessaires, l’État espérait que l’initiative privée, sous l’aiguillon des bénéfices escomptés, mettrait d’elle-même le pays en valeur. La recherche des origines de cette politique en métropole suggère, outre la pression indéniable de certains milieux d’affaires spécialisés, la responsabilité majeure d’un gouvernement d’abord soucieux de faire des économies à court terme. 
Le mandat de M. Lebon est ainsi entaché des dérives de ce système où les populations locales, sous la coupe des premières entreprises capitalistes, connaîtront une exploitation plus marquée que dans les territoires sous contrôle direct de la République. On devait aussi vivement lui reprocher d'avoir pris inutilement, comme ministre, à l'encontre du capitaine Dreyfus, prisonnier à l'île du Diable, des mesures d'une rigueur exceptionnelle que l'on ait allé jusqu'à qualifier de « tortures ». Après plusieurs échecs électoraux, M. Lebon s'adonne tout entier aux affaires et exerce les plus hautes fonctions dirigeantes de plusieurs compagnies financières ou industrielles.
Source ManiocDu 22 juin 1899 au 3 juin 1902, Albert Decrais (1838-1915) fut ministre des Colonies dans le cabinet Waldeck-Rousseau et, à ce titre, eut à défendre le gouvernement contre l'assaut des interpellations de ses collègues de la Chambre ou des sénateurs, tant sur les grèves agricoles de la Martinique et sur leurs suites, que sur les événements du Soudan ou l'implantation française à Madagascar et, déjà, à justifier les budgets de son ministère.
De nos jours, le ministère des Outre-mer est l’héritier direct du ministère des Colonies.

Sur Manioc :

Sur Gallica :
  • Caricatures de ministres : MM. Delcassé et Decrais [carte postale], [s.l.], [1894-1906 ca.], 2 documents iconographiques.

 X. H.
Catégories: Manioc, UAG

Journées Européennes du Patrimoine 2017

mer, 13/09/2017 - 08:24
"Jeunesse et Patrimoine"

Pour cette 34e édition des Journées Européennes du Patrimoine, la jeunesse est mise à l'honneur ! Ce week-end tout est mis en oeuvre pour que les jeunes s'approprient le patrimoine. En effet, la sensibilisation des jeunes générations à la connaissance et la préservation du patrimoine est un objectif prioritaire du ministère de la culture. Si vous souhaitez connaitre les programmes des journées du patrimoine en Guadeloupe, Martinique et Guyane (cliquez sur les liens correspondants).Retrouvez sur Manioc plusieurs documents en rapport avec le patrimoine de nos territoires. Bonne découverte !
Vidéos en ligne 


Bonne découverte ! 
C.P.
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Focus Manioc : Alexandre Moreau de Jonnès (1778-1870)

mar, 04/07/2017 - 08:06
La rue Moreau de Jonnès
En Martinique nous connaissons tous la rue Moreau de Jonnès à Fort-de-France. Mais qui était-il ? Économiste, statisticien, philanthrope, sociologue, peintre, Moreau de Jonnès était un homme peu conventionnel aimant les aventures et les voyages. De 14 à 27 ans, il participa à plusieurs expéditions parfois très risquées... Découvrons son parcours atypique.
Né en 1778 à Paris, le jeune Alexandre étudia à Rennes ou il était pensionnaire de 1788 à 1791. Après que son établissement soit réquisitionné, il rentre à Paris et s'engage dans la Garde nationale. En 1792, il est incorporé dans la Compagnie du Morbihan et du Finistère. Sa première mission fut en Martinique en 1796. L'île était alors sous occupation anglaise. Il y retourna en 1802 en compagnie des amiraux Villeneuve et Villaret-Joyeuse, afin de reprendre l'île aux Anglais après le Traité d'Amiens. Il sera officier d'artillerie à l'expédition de Saint-Domingue. Puis nommé chef d'état-major de Villaret-Joyeuse. Il sera même fait prisonnier par les Anglais.
Alexandre Moreau de Jonnès resta en Martinique pendant 7 ans au cours desquelles il épousa Rose de Gourselas, le 8 octobre 1810.Ces années lui permettent d'étudier l'île, sa géologie, sa géographie en l'explorant, l'analysant sous toutes les angles. Notons qu'il sera le premier à explorer les pitons du Carbet.
A l'annonce du retour de Napoléon sur l'île d'Elbe, il retourna en France et s'engagea dans l'armée de La Loire.Plus tard, il sera attaché au cabinet du ministre de la Marine en tant qu'officier d'Etat-Major, en charge des travaux statistiques et topographiques. Il rédigea un ouvrage sur l'Histoire physique des Antilles françaises, savoir la Martinique et les îles de la Guadeloupe (1822).Il sera élu à l'Académie des sciences ainsi qu'à celle des sciences morales et politiques en 1849.A l'âge de 80 ans il publie ses mémoires d'aventurier sous le titre : Aventures de guerre au temps de la République et du Consulat. Moreau de Jonnès excella également en tant qu'artiste peintre dont certaines de ses œuvres étaient inspirées de la Martinique.Il décède à l'âge de 92 ans à Paris, le 28 mars 1870.

Sur Manioc 

Sur Gallica 

Bonne lecture !
C.P.

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Livres anciens de la médiathèque Michel Crépeau en ligne !

mer, 28/06/2017 - 10:37
Des livres de la Médiathèque d’Agglomération de La Rochelle disponibles dans Manioc

"Il m’a donné son livre à lire, alloúcoura Iiénrou lacártani toubara ariànga náne lírocou" : voici le deuxième article du Dictionnaire François-Caraïbe publié par Raymond Breton en 1666. 350 ans après la publication de cette œuvre, la médiathèque d’agglomération Michel-Crépeau "donne ses livres à lire" sur Manioc, et notamment ce dictionnaire extrêmement rare, témoignage des premiers contacts entre les missionnaires français et les Indiens de Guadeloupe. Des centaines d’imprimés conservés à la médiathèque sont désormais accessibles en ligne dans la Bibliothèque numérique Manioc grâce à un projet de numérisation financé par l’Université des Antilles et la Bibliothèque Nationale de France.

La Rochelle et les Antilles
Le port de La Rochelle commerce dès le 17e siècle avec l’Amérique ; les Rochelais importent des fourrures du Canada, et participent à l’implantation et au développement de l’industrie sucrière aux Antilles, particulièrement en Guadeloupe et à Saint-Domingue. Mais c’est au 18e siècle que le commerce colonial rochelais connaît une véritable expansion, basée essentiellement sur le commerce du sucre avec Saint-Domingue. La demande des colonies en main d’œuvre servile et la recherche de nouveaux profits incitent les négociants rochelais à pratiquer la traite des esclaves en Afrique : au total, entre le 17e et le 19e s., on relève 475 expéditions de traite au départ de La Rochelle. L’activité économique de la ville - et dans une certaine mesure celle de son arrière-pays – repose sur ces échanges coloniaux; les négociants et armateurs qui organisent ce trafic détiennent le pouvoir économique et politique dans la cité. Ce commerce s’effondre pendant la Révolution française et au moment de l’indépendance d’Haïti, mais les Rochelais ont conservé, au 19e s., des relations familiales et économiques avec les Antilles. Mais le port atlantique n’a pas importé que des denrées alimentaires et produits exotiques des Caraïbes : des récits, des textes, ont été rapportés "des Amériques", et ont circulé dans la ville. Plus largement l’intérêt des Rochelais pour ces territoires explique l’enrichissement des collections de l’ancienne bibliothèque municipale sur de nombreux thèmes liés aux Antilles, et sur des supports variés – livres, mais aussi archives, cartes et documents iconographiques. 

Histoire, géographie, littérature… 
Source Manioc La numérisation des collections de la médiathèque Michel-Crépeau viennent ajouter sur les étagères virtuelles de Manioc des sources pour l’histoire, y compris économique, juridique et culturelle, mais aussi des références pour la géographie historique et la littérature. Il s’agit de sources classiques, plus ou moins anciennes, relatives aux voyages d’exploration européens et à la navigation dans les Caraïbes – les récits de Louis Hennepin, la description de J.H. de Linschott, mais aussi d’études ou de documents plus récents, jusqu’au milieu du 20e siècle, comme l’Annuaire de la vie martiniquaise de 1936. Saint-Domingue, devenue Haïti, est particulièrement représentée dans les collections rochelaises, en raison des liens historiques de la ville avec ce territoire. On peut toutefois signaler, pour la Guadeloupe, l’édition originale de l’ouvrage de référence d’Auguste Lacour sur l’histoire de l’île, ou encore pour la Guyane les récits de voyage d’Henri Coudreau.
Comme toutes les collections, l’ensemble provenant de la médiathèque Michel-Crépeau mis en ligne sur Manioc est à la fois foisonnant et disparate. A côté de sommes statistiques ou de traités juridiques, le lecteur curieux pourra (re)découvrir des monuments du patrimoine écrit tels que ceux déjà cités, mais aussi quelques "pépites" bibliographiques : Les amours de Zémédare et Carina, le premier roman sentimental écrit en Martinique au 19e siècle par Auguste Prévost de Sansac de Traversay ou encore le Discours d'un nègre marron, qui a été repris et qui va subir le dernier supplice par l'abbé Le Monnier, texte anti-esclavagiste peu connu de la fin du 18e siècle.
La numérisation des collections rochelaises dans Manioc permet d’apporter une contribution aux riches collections de la bibliothèque numérique, de compléter certaines collections, d’accéder en une seule consultation à des titres conservés de part et d’autre de l’Atlantique : le formidable outil numérique qu’est Manioc "donne à lire" les livres de la médiathèque d’agglomération de La Rochelle à tous, où qu’ils soient. 

Muriel Hoareau
Catégories: Manioc, UAG

L'incendie du 22 juin 1890 à Fort-de-France

jeu, 22/06/2017 - 15:29
Manioc je me souviens : l'incendie du 22 juin 1890
Un quartier de Fort-de-France
après l'incendieSource ManiocLe 22 juin 1890, un incendie ravagea une grande partie de la ville de Fort-de-France. Retour sur cet événement tragique à travers quelques témoignages de l'époque.
L'incendie débute dans un immeuble de la rue Blénac. L'histoire En jouant au ballon avec ses camarades, le jeune Omer renverse malencontreusement le réchaud embrasé. Le charbon enflammé est projeté dans la pièce sur plusieurs vêtements. Le feu se propage en quelques minutes dans toute la chambre et rapidement dans les autres pièces de l'immeuble.
Un malheur n'arrivant pas seul, la ville manquait cruellement d'eau. En effet, cette année-là, un forte sécheresse avait vidé les bassins et asséchés les rivières. En arrivant sur les lieux, les pompes municipales, de l'artillerie et de l'infanterie ne suffisent pas à éteindre le feu. Après la rue Blénac, se sont les rues Victor Hugo et Saint-Louis qui sont embrasées.
Très vite les autorités décident de démolir plusieurs maisons afin de circonscrire les flammes. Entre temps des militaires et des pompes arrivent de Saint-Pierre. La décision fut prise par les autorités que toute une ligne de maisons de la rue des Capucins à la rue du Fossé sera détruite. "Vers midi, Saint-Pierre envoyait par mer ses pompes et une compagnie de sapeurs pompiers. Mais déjà le fléau avait détruit le marché et, les rues qui l’environnaient, la rue Blénac, le rue Victor Hugo, la rue Isambert, les rues Saint-Louis et Sainte-Catherine ne formaient qu’un affreux tourbillon de flammes autour de l’église qui s’embrasait également. Le clocher fut dévoré en un clin d’œil et on entendit le carillon entier s’effondrer, défoncer le plancher dans sa chute et se briser sur le sol avec un bruit pareil à un glas déchirant. L’hôpital civil n’existait plus, l’usine de la Pointe-Simon était en feu, la bibliothèque Schœlcher, l’école des filles et la mairie étaient en danger. Le palais de justice et la direction de l’intérieur étaient menacées". (Garaud Louis, Trois ans à la Martinique : études des mœurs, paysages et croquis, profils et portraits, Paris, A. Picard et Kaan, 1895, pages 258-259).Malgré toutes ces tentatives, l'incendie prend de l'ampleur, il se dirige vers la partie militaire et administrative de la ville (la caserne, la prison et le presbytère). La lutte contre l'incendie dure toute la nuit, il n'est définitivement circonscrit qu'au petit matin du 23 juin 1890.
Fort-de-France est un champ de ruines. On dénombre une vingtaines de morts. 8000 personnes se retrouvent sinistrées. 1500 propriétés sont détruites pour une valeur de 8 millions de francs. Parmi les grands bâtiments détruits on compte, la bibliothèque Schœlcher, l'usine de la Pointe Simon, l'hospice, les postes et télégraphes, la cathédrale de Fort-de-France, les douanes ..."La ville a été détruite dans le centre riche et commerçant et dans le quartier pauvre de la population ouvrière. Il ne reste rien des usines, des chantiers et des magasins qui longeaient le bord de la mer. L’église, l’hôpital civil, la bibliothèque Schœlcher, la mairie, l’école des filles n’existent plus. Le feu marchant rapidement contre le vent d’est qui soufflait violemment, a dévoré, sans épargner une maison du haut en bas de la ville, les rues Blénac, Victor Hugo, St-Laurent, St-Louis, Ste-Catherine et Fossé". (Contour Solange, Fort-de-France au début du siècle, Paris, L’Harmattan, 1994, page 107).

Sur Manioc Bonne lecture ! C.P.
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La Musique à l'honneur !

mer, 21/06/2017 - 10:07
Manioc au rythme de la musique

A l'occasion de la fête de la musique, Manioc vous propose de consulter les dernières vidéos sur cette thématique.Bonne découverte !
Vidéos 

Bonne écoute !C.P.

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Révolution, dictature, résistance, dans le monde américano-caraïbe

jeu, 08/06/2017 - 14:36
Nouvelles vidéos en ligne sur manioc.org ! 
En avril dernier, des journées d'études étaient organisées autour de la thématique suivante : "Révolution, dictature, résistance, dans le monde américano-caraïbe". Manioc vous propose de consulter dans son intégralité les conférences. Bonne découverte ! 

Bonne découverte ! C. P. 
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Focus Manioc : Ali Tur (1889-1977)

mar, 06/06/2017 - 09:07
L’identité architecturale de l’Etat en Guadeloupe

A la suite de notre volet Villes d'Art et d'Histoire en Guadeloupe, Manioc vous propose un focus sur l'architecte parisien Ali Tur qui a été mandaté pour reconstruire les édifice publics en Guadeloupe, suite au cyclone du 12 septembre 1928. Entre 1929 et 1937, 120 édifices ont été réalisés par l'architecte ...Bonne découverte !
Ali Georges Tur est né le 20 février 1889 à Tunis, d'un père fonctionnaire envoyé y refaire la voirie. Mobilisé en 1914 alors qu’il étudie aux Beaux-Arts, puis diplômé en architecture après la guerre, il gagne le grand prix de la décoration de la fondation Rougevin et intègre en 1925 la liste des 10 architectes du ministère des colonies.
En 1928, la Guadeloupe est dévastée par un cyclone. Lors d’un séjour à Paris, le gouverneur Tellier rencontre Ali Tur et le choisit comme architecte chargé de la reconstruction de l’île. De plus, à l’approche du tricentenaire de l’occupation française, il s’agit de lui "offrir un autre visage". Les deux hommes y arrivent le 22 mars 1929.
Il s’agit de "construire le plus vite possible et le plus économiquement possible". Un contrat de 4 ans est établi le 1er Avril "pour la réalisation de divers bâtiments gouvernementaux" pour un montant de 40 millions d’anciens francs. C’est un emprunt total de 125 millions de francs que la colonie effectue pour se procurer les matériaux nécessaires auprès de l’Allemagne. Des cadres et techniciens, majoritairement italiens, sont déménagés vers les Antilles pour former la main d’œuvre locale au béton armé. Ali Tur décide de mettre en place une procédure d’appels d’offres, permettant à de nombreuses entreprises de travaux publics de s’installer sur le territoire.Des enseignements des savoirs météorologiques de l’exposition coloniale de 1928 en tête, le style Ali Tur, qui mêle arts déco et béton, montre que le risque cyclonique et les conditions climatiques des Antilles sont bien connus de l’architecte qui ne se croit pas en Afrique. Ses constructions dialoguent avec les paysages et les Alizées. À Basse-Terre, il signe, entre autres, le palais du gouverneur, celui du Conseil général, le palais de justice. Sur le reste du territoire également : mairies à Pointe-Noire, Anse Bertrand, Lamentin et Baillif, églises de Sainte-Anne et de Baie-Mahault, bureaux de poste de Bouillante et de Vieux-Habitants et bien d’autres édifices.
Entre 1931 et 1937 soit deux ans de plus que prévu à force de nouvelles commandes et travaux, Ali Tur aura réalisé environ cent vingt bâtiments, pour un coût total de 50 millions de francs supplémentaires à la commande initiale. Il est d’ailleurs en 1938 en procès face au gouvernement de la colonie à ce sujet et l’emporte. Le début de la guerre l’année suivante met un frein aux travaux d’Etat et au remboursement de son indemnisation. Il s’éteint le 26 septembre 1977.
Cinq édifices (Hôtel de la préfecture de la Guadeloupe, le Palais du Conseil général, Le Palais de Justice, L'Hôtel de ville de Pointe-Noire et l'Eglise Saint-André de Morne-à-l'eau) sont tout de même protégés en 1991 à l'occasion d'une campagne thématique sur l'oeuvre de cet architecte en Guadeloupe. Il est l’introducteur de l’architecture moderne en Guadeloupe, jouant des constructions traditionnelles locales et du courant classique. Aux abords surprenants, ses immeubles fonctionnels ont eu un grand impact sur le patrimoine guadeloupéen.

Sur Manioc

Autres sources 
  • Sophie Paviol, Ali Tur, un architecte moderne en Guadeloupe, in Culture et Recherche, Patrimoines des outre-mer, n° 126, Hiver 2011-2012, p. 39-40.
  • Sophie Paviol, Ali Tur, un architecte moderne en Guadeloupe, Infolio, 2014, 169 pages.
  • Jean Michel Guibert, Ali Tur, vidéo, Architectes du patrimoine.
  • Michèle Robin-Clerc, Guadeloupe - Années 30, Ali Tur. L'architecte d'une reconstruction, Région Guadeloupe , Somogy, éditions d'art, 2015, 247 pages.
  • Dominique Amouroux,  Ali Tur, l'architecte et le cyclone : Guadeloupe 1928, Nouvelles éditions JMP, 2016, 84 pages.
  • Christian Galpin, Ali Tur architecte, 1929-1937 : itinéraire d'une reconstruction, Conseil général de la Guadeloupe, 1991, 8 pages.

Bonne lecture ! A.S.



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Nitassinan : une revue au nom des peuples autochtones des Amériques

mar, 30/05/2017 - 17:34
Présentation de la revue Nitassinan 
Nitassinan : notre terre. D’emblée les rédacteurs de la revue publiée par le Comité de Soutien aux Indiens des Amériques (CSIA) ont placé au cœur de leur réflexion militante la question fondamentale de la spoliation des terres, orchestrée par les pouvoirs coloniaux de l’Alaska à la "Tierra del fuego".
Un témoignage des mobilisations politiques et sociales amérindiennes
Créée en 1978, Nitassinanprend le parti de défendre les luttes politiques des Amérindiens partout où elles éclosent sur le continent, elle désigne clairement les peuples autochtones comme figure de la résistance à l’ordre colonial. Cette revue a donc accompagné le "réveil indien" des années 1970 symbolisé notamment par les mobilisations de Wounded Knee en 1973 aux États-Unis, l’insurrection zapatiste du Chiapas en 1994 ou encore l’accession du syndicaliste Evo Morales à la Présidence de la République de Bolivie en 2006.

Nitassinan témoigne en somme d’une reconnaissance des peuples amérindiens, passés de la marginalisation sociale et politique, le plus souvent violente, à une certaine centralité dans nombre d’États latino-américains. C’est un autre mérite de la revue dirigée par Marcel Canton que d’avoir su exposer le caractère à la fois populaire et identitaire des luttes amérindiennes. La radicalité de la critique sociale amérindienne s’est en effet nourrie d’un attachement viscéral à la tradition sans pour autant verser dans un culturalisme étroit.


Les peuples autochtones de Guyane et la France 
A ce titre, cette publication trouve naturellement sa place dans la bibliothèque Manioc où l’histoire culturelle et politique des populations caribéennes et amazoniennes tient une place essentielle. Nous mettons à la disposition de nos lecteurs le numéro 4 daté de 1985 consacré aux Peuples indiens de "Guyane française".

Les guillemets choisis par les rédacteurs se lisent comme un abus de langage et résument assez bien l’orientation générale de la publication. Les principes républicains sont ainsi sous le feu de la critique et, dans cette mise en question, les pratiques assimilationnistes sont vigoureusement dénoncées. L’universalisme de la République est-il synonyme d’acculturation forcée ? La République une et indivisible peut-elle accueillir en son sein les cultures amérindiennes de Guyane tout en respectant leur intégrité ? Nitassinan nous propose des réponses à l’aune de son engagement anti-colonial. 

Pour aller plus loin :
  • Yves Géry, Alexandra Mathieu et Christophe Gruner, Les abandonnés de la République : vie et mort des Amérindiens de Guyane française, Albin Michel, 2014, 352 pages.
  • Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l'Amérique latine‎ : une contre-histoire, Pocket, 1993, 447 pages‎.
  • Élise Marienstras, La résistance indienne aux États-Unis‎ : XVIe-XXIe siècle, Gallimard, 2014, 349 pages.


Bonne lecture !C.B.

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36ème Congrès des réserves naturelles de France

mar, 30/05/2017 - 09:24
Les réserves naturelles de Manioc 

10 ans après la Guadeloupe, c'est au tour de la Martinique d'accueillir le 36ème Congrès des réserves naturelles de France. Du 29 mai au 2 juin 2017, le Parc naturel de Martinique accueillera les participants autour de 3 réserves naturelles magnifiques : la presqu'île de La Caravelle, les îlets de Saint-Anne et la marine du Prêcheur. Ce congrès sera l'occasion pour la Martinique de promouvoir les projets d'agrandissements des réserves naturelles de la presqu'île de La Caravelle ainsi que la création d'une nouvelle réserve, celle de la baie de Génipa.Retrouvez sur Manioc, plusieurs documents en relation avec les thématiques de la biodiversité, de la protection de l’environnement de réserves naturelles en Martinique, en Guadeloupe et en Nouvelle-Calédonie. 

Les Réserves naturelles en Martinique
Vidéos 


Les Aires protégées en Martinique, Guadeloupe et Nouvelle-Calédonie 
Articles en ligne sur Etudes caribéennes



Si vous désirez consulter le programme détaillé du congrès des réserves naturelles de France : cliquez-ici !
Bonne lecture ! C.P.
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Mé 67

lun, 29/05/2017 - 09:01
Chronique d'un traumatisme
Coll. Jean-Pierre Sainton
Source LAMECARevenons sur les événements de Mai 67 en Guadeloupe : contexte économique, social et politique, ainsi que les faits marquants du début de l'année 1967 ...
Le contexte politique 
La décolonisation sert de toile de fond. De nombreuses manifestations ont eu lieu contre la colonisation comme à Sétif en 1945, à Madagascar en 1947 ou à Djibouti en 1966, qui ont toutes été réprimées sévèrement. L’Algérie gagne son indépendance en 1962. En France et aux Antilles, la situation est identique, tant et si bien que le Président Charles De Gaulle (élu en 1958 avec la nouvelle République) signe en 1960 une ordonnance visant à déplacer tout fonctionnaire sympathisant de cette cause. En 1961 sont créés le Front Antillo-Guyanais pour l’Autonomie, l’AGEG (Association Générale des Etudiants Guadeloupéens), l’AGEM (Association Générale des Etudiants Martiniquais) et l’UEG (Union des Etudiants Guyanais). 1962 : publication du manifeste de l’OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique)En 1963 c’est l’ouverture du BUMIDOM qui organise l’émigration  des habitants des départements d’outre-mer vers la France, vidant les Antilles de ses forces vives, et la création  à Paris, du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG).En Guadeloupe, des grèves sont aussi réprimées dans le sang, comme en 1952 à Moule.La question du statut de l’île se pose au sein plusieurs milieux sociaux, car malgré la départementalisation la situation coloniale n’a pas changé.En 1965 est crée le Front Guadeloupéen pour l’Autonomie, soutenu par le GONG et diverses personnalités politiques et journalistiques locales. On note aussi l’essoufflement du Parti Communiste Français et du Parti Communiste Guadeloupéen (PCG).

Le contexte économique en Guadeloupe 
En Guadeloupe, comme dans les autres anciennes colonies, la situation est critique. On assiste à de nombreuses fermetures d’usines : Roujol (Petit-Bourg) en 1963, Pirogue (Marie-Galante) en 1964, Courcelles (Sainte-Anne) et Marquisat (Capesterre) en 1966. Seul espoir pour sauver du chômage  ceux qui choisissent de rester sur l’île : l’industrie du bâtiment. A cette situation économique fragile, la Guadeloupe va connaître  en 1964 et 1966 deux catastrophes naturelles. Le cyclone Cléo qui ravage complètement l’industrie de la banane, et le cyclone Inès, qui va dévaster les faubourgs désolés de Pointe-à-Pitre. Le GONG va alors se démarquer des politiques des élus locaux, ses militants seront au premier rang pour apporter soutien et assistance au peuple démuni, de façon beaucoup plus volontaire et efficace.

Les premiers mois de l'année 1967
Extrait - Affiche coll.
"Mai 1967 en Guadeloupe"
Source LAMECATrois thèmes marquent le début de l’année : les élections législatives, les violences et les grèves. Les élections, manifestement frauduleuses, permettent de hisser à des postes clés de l’appareil républicain des personnes en faveur de l’assimilation. Les candidats "du peuple" ne sont pas élus, telle Gerty Archimède battue à Basse-Terre. Le 20 mars, une grave altercation à Basse-Terre entre un commerçant et un marchand de rue déclenche 2 jours d’émeutes intenses. Les manifestants et les politiques sont unanimes pour demander la condamnation du commerçant, Vladimir Srnsky, partisan du parti gaulliste au pouvoir. Le 23 mars au soir, une bombe explose devant un magasin de Pointe-à-Pitre. L’attentat est attribué au GONG par les autorités. Ces événements créent des tensions supplémentaires. Enfin, le bâtiment est en grève le 23 mars. N’aboutissant à rien, le mouvement est reconduit au 26 mai. Le 1 mai, le GONG démontre son influence par un défilé pacifique à Capesterre Belle-Eau, suivi par un nombre important de jeunes. Les services de l’Etat décident alors de décréter le GONG comme ennemi numéro 1…Le 24 mai, les ouvriers du bâtiment se mettent en grève Des négociations sont engagées dès le 26 mai à la chambre de commerce de Pointe à Pitre entre représentants des ouvriers et représentants du patronat pour une augmentation de 2% de salaire, qui n’aboutissent pas. Avec l’arrivée de renforts de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS), la tension est à son paroxysme. Des émeutes ont lieu et vont durer 2 jours dans Pointe à Pitre pour se solder par plusieurs morts et arrestations.


Bibliographie 
  • Pierre Sainton, Vie et survie d’un fils de Guadeloupe, Les éditions Nestor, 2008.
  • Paul Tomiche, Luttes syndicales et politiques en Guadeloupe : la répression, Tome 2, Mai 67, L’Harmattan, 2008. 
  • Etudes Guadeloupéennes, N°10, Mai 67, Au nom de la Vérité et de la Justice, 2008.
  • Raymond Gama et Jean-Pierre Sainton, Mé 67 : Mémoire d'un événement, seconde Ed, Port-Louis, Ed. Lèspwisavann, 2011.
  • Jean-Pierre Sainton, La décolonisation improbable, Ed. Jasor, 2012.
  • Jacques Dumont, L’amère patrie, fayard, 2010.
  • Rosan Girard, Pour un sursaut Guadeloupéen, l’Harmattan, 1979
  • Le procès des Guadeloupéens - 18 patriotes devant la Cour de Sûreté de L'Etat français (19 février - 1er mars 1968), l’Harmattan, 2010.

En ligne 
  • Béatrice Gurrey, En Guadeloupe, la tragédie de "Mé 67" refoulée, in Le Monde, 26/05/2009.
  • Sur le site de la Médiathèque Caraïbe, retrouvez un dossier sur "Mai 67 en Guadeloupe" contenant des collections de tracts et d'images d'époque, ainsi qu'une introduction sur les événements par le docteur en histoire et professeur d'histoire contemporaine à l'Université des Antilles : Jean-Pierre Sainton.

Bonne lecture !S. R. et A. S.
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Ottobah Cugoano

sam, 27/05/2017 - 07:29
Récit d'un ancien esclave devenu libre ...

Manioc vous propose de découvrir l'histoire d'Ottobah Cugoano, ancien esclave devenu libre qui a écrit à la fin du XVIIIe siècle l'un des premiers textes abolitionnistes.

En 1787, un ancien esclave, Ottobah Cugoano, connu également sous le nom de John Stuart, publie à Londres Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species, Humbly Submitted to the Inhabitants of Great-Britain, by Ottobah Cugoano, a Nativ of Africa.Il s’agit du premier écrit, rédigé par un noir, contre l’esclavage.  publié l’année de la formation du Comité de Londres pour l’Abolition de la Traite. Ce texte figure parmi les textes majeurs cités par Thomas Clarkson, John Wesley et James Ramsay. Il a été traduit en français en 1788 sous le titre Réflexions sur la traite et l'esclavage des Nègres.

Ottobah Cugoano est né vers 1757 à Ajumako, actuel Ghana. Il fut enlevé et réduit en esclavage à l'âge de 13 ans. Il fut déporté vers une plantation de l'île de le Grenade. 
" [...] j'ai souvent tremblé et versé des larmes; j'étais meilleur que plusieurs de nos maîtres. J'ai vu souvent des Nègres rendus stupides par la bastonnade et les coups de fouet, ou harassés par un travail pénible et épuises par la faim, manger des cannes à sucre ou commettre des fautes semblables ; je les ai vus punis par le fouet, ou frappés sur la face jusqu'à ce que leurs dents fussent fracassées. On leur cassait les dents pour qu'ils servissent d'exemple et pour qu'ils ne mangeassent plus de cannes à sucre. [...] j'ai vu l'indignité, la brutalité, la barbarie...". (Réflexions sur la traite et l'esclavage des Nègres, pp.33-34).
En 1772, il fut racheté par Alexander Campbell qui l'emmena en Angleterre. Quelques années plus tard (entre 1784-1788), on le retrouve au service de Richard Cosway, peintre auprès de la cour du Prince de Galles. Il devra au couple Cosway son affranchissement.  En Angleterre, Ottobah Cugoano fut baptisé et éduqué dans la foi chrétienne par ses maîtres. Baptisé en 1773 à Saint Jame's Church sous le nom de John Stuart. A l'école, il apprit à lire et à écrire.
"Grâce à Dieu, j'ai été délivré de la Grenade et de l'esclavage. Un Anglais me prit à son service (depuis, il m'a rendu ma liberté); je sentis bientôt que mon sort était plus agréable. A notre retour en Angleterre, je vis écrire et lire, et j'eus le plus grand désir de me procurer ces appuis. Je m'appliquai seul à apprendre à lire et à écrire, et bientôt ces occupations furent ma récréation, mes plaisirs et mes délices." (Réflexions sur la traite et l'esclavage des Nègres, pp.34-35).

En Angleterre, Ottobah rencontre Olaudah Equiano, ancien esclave, intellectuel et ardent défenseur de la cause des noirs. Tous les deux créent une société abolitionniste The sons of Africa, qui a pour but de dénoncer les crimes et atrocités commises par les colons, les trafiquants d’esclaves et/ou les capitaines de négriers...

En ligne

Bonne lecture !C.P.
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Festival International d'Art Performance

ven, 26/05/2017 - 10:31
Manioc s’initie à l'art contemporain L'intégralité des conférences de nos artistes performers, critiques d’art, universitaires et curators internationaux, de Martinique, de Guadeloupe, du bassin Caribéen, des Etats-Unis, d’Amérique Centrale et du Sud et d’Europe, lors de la table ronde du "Festival International d'Art Performance" du 21 avril dernier sont enfin en ligne sur manioc.org !



Bonne découverte !C.P.

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Chemins croisés de l'Inde

ven, 12/05/2017 - 09:01
L'Inde à l'honneur sur Manioc !
Source Manioc A l'occasion du 164e anniversaire de l'arrivée des Indiens à la Martinique, la bibliothèque numérique Manioc vous propose tous les documents sur l'Inde, sa culture, son histoire ...
Bonne découverte !


VidéosColloque "Chemins croisés de l'Inde"
Colloque international "Patrimonialisation et développement dans la Caraïbe et les Amériques"
"Kréyol bo kampis-nou" 
Colloque scientifique : Esclavage, Traite et Exploitation des êtres humains au regard du droit"
Etudes et Recherches  

Sur ce catalogue collectif des périodiques Caraïbe-Amazonie, vous trouverez des articles plus ciblés sur l'immigration indienne vers les colonies : Martinique, Guadeloupe, Guyane, la Jamaïque et L'île Maurice...
  • Marguerite Labernadie, La révolution et les établissements français dans l'Inde, Revue de l'histoire des colonies françaises devient Revue d'histoire des colonies devient Revue française d'histoire d'outre-mer, n° 6, 1930, p. 603-628.
  • Gilbert Krishna Ponaman, Etat sanitaire d'un convoi d’émigrants de l'Inde vers la Guadeloupe, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 59-67.
  • Christian Schnakenbourg, Note sur le rapatriement des indiens de la Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, , p. 29-37.
  • Christian Schnakenbourg, Quelques nouveaux éléments sur l'histoire de l'émigration indienne vers la Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 110, 01-10-1996, p. 55-56.
  • Jean-Pierre Sainton, Notes pour l'étude de la question de l'intégration politique des descendants d'indiens en Guadeloupe au cours de la 1ère moitié du XXe siècle, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 139-169.
  • Dominique Taffin, Une intégration silencieuse ? Citoyenneté, nationalité et créolisation à travers le cas des Indiens de la Martinique (1885-1945), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 111-135.
  • Jude Sahai, De l'immigration tamoule à la Guyane, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 101-108.
  • Jean Benoist, De l'Inde à Maurice et de Maurice à l'Inde, ou la réincarnation d'une société, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 185-202.
  • F. M. Birbalingh, Les Indiens de la Jamaïque : la vision d'un romancier, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 139-146.
  • Cheddi Sidambarom, L'acquisition de la nationalité française par les immigrants et fils d'immigrants indiens (1904-1923), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 146-147, 2007, p. 113-122.
  • Nora Chevry, Survivances d'une culture indienne ?, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 97-110.
  • K. O. Laurence, Opposition to indentured immigration in Trinidad (1845-1917), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 59-78.
  • Jacques Adélaïde-Merlande, Etat civil et indianité, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 47-48.
  • Hélène Servant, Le voyage d'émigration d'Inde à la Guadeloupe. Le rapport sanitaire du Dr Beaufils, médecin à bord du Jorawur (1880), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 29-46.


Si vous souhaitez approfondir vos connaissance sur le sujet, consultez notre article sur l'immigration indienne. 
Bonne lecture !

C.P.
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Gatine : le combat d'un abolitionniste

mar, 02/05/2017 - 12:49
L'avocat défenseur de la liberté
Lire en ligne En ce mois des abolitions, Manioc vous propose un focus sur l'avocat Adolphe Ambroise Alexandre Gatine, ardent défenseur des droits des opprimés pendant la période de l'esclavage. Avocat mandaté par d'anciens esclaves affranchis, il a plaidé pour des affaires devenues symboliques de la lutte contre l'oppression.
Né à paris le 30 mars 1805,Adolphe Ambroise Alexandre Gatine est issu d'une famille bourgeoise. Il consacra sa vie à ses activités d'avocat aux Conseils, puis près de la cour de cassation, à la défense des affranchis et des esclaves qui réclamaient leur liberté et celle de leurs enfants. Son cas le plus célèbre fut celui de la guadeloupéenne Virginie, une affranchie qui demandait la liberté pour ses enfants.En 1831, il consigna avec Fabien et Cyrille Bissette une pétition à la Chambre des députés relative aux droit des esclaves de se pourvoir en cassation.En 1834, Gatine présente un Sommaire des moyens de cassation à plaider pour les condamnés de la Grande Anse, hommes de condition libre, demandeurs en cassation... et pour les esclaves condamnés conjointement. Son intervention obtiendra des commutations de peine.En 1848, il fait partie de la commission d'abolition de l'esclavage présidée par Victor Schœlcher. Il apporte ses compétences juridiques et participe notamment à la rédaction de projets de décrets (la naissance des jurys cantonaux, presse aux colonies).Nommé commissaire général en Guadeloupe à la demande de Victor Schœlcher, il est chargé d'appliquer la politique abolitionniste. Arrivé au début du mois de juin 1848 sur l'île, il souhaite établir une politique de conciliation, de concertation et de fraternité. A son arrivée, l'émancipation avait déjà été proclamée le 27 mai 1848 par le gouverneur Layrle qui craignait des troubles sur l'île comme en Martinique (référence aux troubles de Saint-Pierre)."A l'opposé, en Guadeloupe, la situation était plus calme [...] A l'annonce du changement de gouvernement, ils avaient, dans leur grande majorité, accepté l'idée d'une abolition prochaine et prêté allégeance au nouveau régime. Les semaines qui avaient précédé l'abolition avaient donc été moins tendues qu'en Martinique et aucun incident sérieux n'avait été à déplorer. Dès le mois d'avril, de fait, l'esclavage ne fonctionnait plus sur les habitations. La nouvelle des événements sanglants de la Martinique décida le Gouverneur, appuyé de plusieurs maires, propriétaires blancs, à convoquer en urgence le Conseil Privé pour le 27 au matin en vue d'abolir l'esclavage le jour même". (Jean-Pierre Sainton, De l'état d'esclave à " l'état de citoyen ". Modalités du passage de l'esclavage à la citoyenneté aux Antilles françaises sous la Seconde République (1848-1850), Outre-mers, Année 2003  Vol. 90, N°338, page 66).Mais un travail difficile attendait Gatine : "Si la reprise du travail connut des difficultés, ce ne fut pas seulement du fait des anciens esclaves. Ces difficultés "vinent souvent des propriétaires plus que des travailleurs". Ces propriétaires qui conservaient les habitudes, les réflexes de l'époque - encore si proche - de l'esclavage : "on ne dépouille pas facilement le vieil homme, moins facilement encore le vieux maître". Son attitude conciliatrice lui vaut également des attaques auprès des organes de presse tel que le journal L'Avenir. Face à de nombreuses tensions et conflits avec les colons, Adolphe Gatine est rappelé en octobre 1848. Son séjour lui inspira plusieurs ouvrages témoignages : Abolition de l'esclavage à la Guadeloupe, quatre mois d'administration abolitionniste (1849), De la politique conciliatrice et progressive à l'occasion des nouvelles élections de la Guadeloupe (1849).
Dans le reste de sa carrière Gatine interviendra également en faveur des Indiens des comptoirs français de l'Inde. En 1858, il adresse au prince Napoléon, alors chargé du ministère de l'Algérie et des colonies, un Exposé des réclamations des Hindous de Pondichéry.En 1864, il publie sous forme de poème, Souvenirs d'un abolitionniste. Il meurt le 21 août 1864.

L'affaire Virginie 
Lire en ligne En avril 1832, l'esclave guadeloupéenne Virginie, a été affranchie par testament par sa maîtresse, Madame de Bellecourt. Cet affranchissement n'eut effet que 10 ans plus tard, à la mort de Madame Bellecourt. Au moment de son affranchissement effectif, Virginie avait 2 enfants, Simon et Amélie. S'appuyant sur l'article 47 du Code noir qui impliquait "l'indivisibilité de la famille esclave jusqu'à la puberté des enfants", Virginie réclamait la liberté de ses deux enfants. Sa demande fut rejetée par la cour royale de la Guadeloupe.Virginie fit appel de ce jugement devant la cour de cassation. L'affaire fut renvoyée à la cour royale de Bordeaux. Mais elle se prononça en faveur des intérêts des héritiers de Bellecourt.Une nouvelle fois l'affaire fut renvoyée en cassation. Cette fois-ci devant la cour royale de Poitiers, jugée moins sensible aux influences coloniales. Virginie eut gain de cause, sa fille survivante Amélie est déclarée libre. Son fils Simon était mort le 30 juin 1842. En outre, Virginie se voit octroyer la somme de 14000 francs de dommages et intérêts.
L'arrêt de Poitiers fit jurisprudence et permit à Gatine d'intervenir avec succès dans des affaires analogues. L'affaire Virgine marque un tournant dans les procès d'affranchissements. Les esclaves pouvaient avoir droit à la liberté non seulement en vertu de l'article 47 du Code noir mai aussi en parfait accord avec la réglementation...

L'affaire de Marie-Sainte Platon
Suite à l'affaire Virginie, Adolphe Gatine intervient dans d'autres affaires du même genre : comme l'affaire de Marie-Sainte Platon.Marie-Sainte Platon est une ancienne esclave de l'habitation Casse-Cou au François (Martinique). En 1840, grâce à son pécule et celui de son compagnon François, elle pu racheter sa liberté à l'âge de 46 ans, le 23 mars 1840 pour la somme de 1000 francs.Mais son compagnon, ses enfants et petits-enfants (au nombre de 13) restèrent en esclavage dans l'habitation.En 1847, Gatine présente un pourvoi devant la cour de cassation. Une plaidoirie qui vise à obtenir la libération de tous les proches de Marie-Sainte Platon. Une réclamation de liberté appuyée sur 2 fondements : le premier au terme de "l'article 47 du code noir et de l'arrêt Virginie, les 3 enfants impubères séparés de leur mère par l'affranchissement de celle-ci, devaient être libres avec elle". Le deuxième "François, esclave ayant contracté mariage avec une personne libre, était affranchi de droit, avec les enfants antérieurement issus des deux conjoints". En effet, ils s'étaient mariés le 8 novembre 1842 devant le curé de la paroisse du François.Ainsi une réclamation de liberté fut portée par Mme Platon devant le tribunal civil de Saint-Pierre. le juge déclara libres de droit François et les treize enfants ou petits enfants de Marie-Sainte Platon le 26 mai 1846. 

Sur Manioc 
Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe-Amazonie 
  • Jacques Adélaïde-Merlande, Un avocat défenseur des droits de l'homme : Adolphe Ambroise Alexandre Gatine (1805-1864), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 106, 01-10-1995, p. 96-99.

Sur Gallica 
Bonne lecture !C.P.
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Focus Manioc : Georges Élteuthère Mauvois

ven, 21/04/2017 - 08:02
Hommage Manioc 

Les 23 et 24 février dernier, un Croisée-hommage a été rendu rendu à l'écrivain et dramaturge martiniquais Georges Élteuthère Mauvois."Durant la deuxième partie du siècle vingtième et jusqu’à son dernier texte, Le Merisier, l’écrivain martiniquais Georges Mauvois n’a eu de cesse, dans le divers de son oeuvre, de porter le particulier de la Caraïbe, et singulièrement de son île, aux horizons du monde. [...] Chez Mauvois, le personnage ne se contente jamais de paraître vraisemblable, il est ; toujours vrai, véritable, véridique, authentique, l’aura de réalité qui émane de ses corps projette le lecteur et/ou le spectateur dans l’immanence sensuelle du sublime comme dans la transcendance idéelle du Beau...". Retrouvez en ligne sur Manioc, l'intégralité de cet hommage.

Fonctionnaire des postes et des télécommunications, Mauvois s'est illustré en refusant sa mutation arbitraire en France, qui avait été motivée par son activité au sein du parti communiste Martiniquais et de syndicaliste engagé. Il fut alors révoqué des P.T.T. Après sa révocation, Mauvois se lance dans les études de droit. Il exerce au barreau de Fort-de-France en tant qu'avocat.Georges Mauvois a une passion pour la littérature. Il commence sa carrière de dramaturge par la pièce Agénor Cacoul (1966), pièce dans laquelle il aborde le sujet de la corruption du pouvoir politique. Après une pause (il se lance dans l'apiculuture), Mauvois revient au théâtre dans les années 1980, un théâtre critique vis-à-vis du pouvoir français et de l’aliénation de ses compatriotes dont il se moque. Il fait en effet, la satire de la société coloniale, et souhaite réveiller les consciences. Défenseur du créole, Georges Mauvois a traduit en créole l’Antigone de Sophocle et le Dom Juan de Molière. 

Sur Manioc 


Bonne découverte !C.P.

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Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : le paysage urbain de Basse-Terre

mer, 19/04/2017 - 08:30
Le style architectural de Basse-Terre

Fort St Charles 
Source GallicaLe blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en  Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe à Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine…
Le dernier article de la série se focalise sur le paysage urbain de la ville de Basse-Terre. Bonne découverte !

Ali Tur a eu un large impact sur le visage du chef-lieu, mais la ville reflète d’autres surprises. Elle conserve aussi l’empreinte d’une militarisation plus importante que la ville de Pointe-à-Pitre …
Le quartier du Carmel
Le fort St Charles, actuellement Fort Delgrès, classé bâtiment historique en 1977, s’élève dès la moitié du XVIIe siècle. D’abord simple maison forte, sa construction va se poursuivre conjointement à celle des batteries alentours jusqu’à son déclassement en 1904. Classé parmi les monuments les plus remarquables en 1917, il va malgré tout servir pour la préparation des bananes destinées à l’exportation jusqu’à un incendie de 1950.
Eglise de Basse-Terre 
Source ManiocA leur arrivée en 1651, Charles Houël fait don aux Carmes de la chapelle qu’il venait de faire construire. Elle sera ravagée par un ouragan au XVIIe siècle, et plusieurs fois incendiée par les attaques anglaises successives. Au début du XIXe siècle, après le départ des Carmes, Notre-Dame du Mont-Carmel est à l’abandon après quelques travaux de rénovation entrepris en 1792. Le cyclone de 1825 la délabre de nouveau. Rénovée en 1844, agrandie en 1857, ce n’est qu’en 1917, puis 1950 que de sérieux travaux sont entrepris pour lui donner son visage actuel en 1957. Elle est classée Monument en 2006.
Le quartier d’artillerie était établit dans les locaux laissés par les jésuites en 1764. A plusieurs reprises endommagé, il est reconstruit dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant d’être désaffecté en 1907, puis vendu en 1912. Il est classé monument historique en 2005.
Aux abords du quartier, on trouve l’Hôpital militaire Saint-Louis (classé en 1979) érigé sur les ruines du couvent des Carmes. Hospice pour les pauvres fondé en 1664, agrandit en 1763 (puis partiellement détruit par un incendie), ce n’est qu’en 1820 que l’Hôpital s’érige. Désaffecté en 1945 il abrite depuis 1950 le lycée Gerville-Réache.
La ville d’Ali Tur

La construction d’une résidence du gouverneur a débuté en 1933 d’après une bâtisse entamée sous l’occupation anglaise, complètement détruit en 1825. Les quelques tentatives de reconstruction sont ravagées par un incendie en 1905. Occupée à titre provisoire des 1935, ce "Palais d’Orléans" (Préfecture depuis 1951) est classé depuis 1997, l’année suivant sa modification par Romney.Le Palais de Justice est initialement construit en 1813 et détruit par le cyclone de 1825. Ali Tur remodèle le plan en U en équerre. Le bâtiment est classé Monument Historique en 1997.Le Palais du Conseil Général, également classé en 1997, se dresse sur le site du "vieux gouvernement" dont il occupait déjà les fragiles locaux.

Sur Manioc :

Revues en ligne : 
Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe-Amazonie :
  • Camille Fabre, Les Carmes de Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 21, 01-01-1974, p. 9-40.
  • Gérard Lafleur, Basse-Terre et la mer, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 67-91.
  • Bernadette Dusser-Vidalet, L'Habitation de Mont-Carmel, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 32, 01-04-1977, p. 5-23.
  • Bruno Kissoun, Emmanuel PHILIBERT : De la Grande Armée aux fortifications de Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 3-19.

Bonne lecture !
A.S.
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Décès de Jean Bernabé

mer, 12/04/2017 - 13:34
Un hommage... sur le vif
Alors que nous venons d'apprendre le décès, cette nuit, du Professeur Jean Bernabé, quelques mots s'imposent, sur le vif, pour l'équipe de la bibliothèque numérique Manioc, qui n'existerait probablement pas sans cette figure de la vie universitaire et intellectuelle.

Jean Bernabé
Source : Image de la bibliothèque numérique ManiocC'est en effet autour d'une table (en 2004 ou 2005 ?) que Jean Bernabé, alors directeur du CRILLASH et Marie-Françoise Bernabé, alors directrice du Service commun de la documentation de l'Université des Antilles et de la Guyane, avec quelques uns de leurs collaborateurs, ont pensé les prémices de cette bibliothèque numérique, imaginant les nouvelles formes que pourraient prendre la collaboration documentation-recherche.
La genèse de Manioc, ces deux "jambes" (documentation-recherche), - qui lui ont permis de cheminer jusqu'à présent, d'imaginer sans cesse de nouvelles perspectives et connexions, sans jamais se laisser enfermer -, doivent donc beaucoup à Jean Bernabé et à sa femme, que nos pensées accompagnent en ce jour.
Connu pour être l'un des co-auteur d'"Eloge de la créolité", Jean Bernabé a aussi œuvré à l'existence de nombreuses "choses" concrètes : l'Université des Antilles et de la Guyane, les études et la recherche sur le créole (création du GEREC-F, CAPES créole)... Toutes ces "choses", au-delà de leur incidence immédiate et toujours effective (même lorsque les institutions changent de forme), ont contribué à légitimer des cultures, des recherches universitaires, des voies et des voix jusqu'alors minorées. Mais ses travaux de linguiste comme les essais auxquels il s'est consacré jusqu'à son dernier souffle, vont bien au-delà de cette réhabilitation. Ils offrent une parole au monde dont il appartient à chacun de se saisir et de se ressaisir infiniment, dans cette dynamique critique d'exigence dont il ne s'est jamais départi.

Quelques interventions de Jean Bernabé sur Manioc

Interventions filmées


Textes




A.P.


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Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : paysages urbains de Pointe-à-Pitre

lun, 10/04/2017 - 11:55
L'Architecture de la ville de Pointe-à-Pitre



Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine … Ce billet vous propose quelques exemples de bâtiments classés monuments historiques dans la ville de Pointe-à-Pitre. Bonne découverte !




Bâtiments religieux

Eglise de Pointe-à-Pitre 
Le plus imposant bâtit religieux, et premier à recevoir un orgue en Guadeloupe, est l’Eglise St Pierre et St Paul (classée en 1978). C’est en 1807 qu’est posée la première pierre d’un édifice, finalement inauguré en 1818. Néanmoins, après le tremblement de 1843, le gouverneur Gourbeyre décide d’entreprendre la construction d’une église en fer qui ne s’entame qu’en 1847. Inaugurée en 1853, le clocher fut érigé en 1876 et seule la façade fut refaite après le tremblement de terre de 1897. 
L’ancien presbytère (actuel Pavillon de la ville, classé en 1992) fut construit en 1806. Réparé en 1831, il s’effondre pendant le séisme de 1843. Rapidement rebâtit, il est complété et rénové en 1853, puis en 1855, en 1873, en 1882 et en 1893 avant que les colonnes soient abattues après le tremblement de 1897. 
Parmi les bâtiments religieux classés monuments historiques, il y a aussi l’externat St Joseph de Cluny (achevé en 1860, classé en 1988). 



Ville militaire

En 1823, l’administration décide, puisqu’il n’y en a toujours pas à Pointe-à-Pitre, de transformer le tribunal en caserne d’infanterie, conjointement à la prison. Après un agrandissement, le bâtiment est achevé en 1833, alors que l’Etat achète des terrains en 1838 et 1840. Le bâtiment est détruit en 1843 et reconstruit en 1847 et complété en 1858, 1861, 1863 puis 1868. La garnison est finalement supprimée en 1905. Devenue actuelle sous-Préfecture, elle est classée en 1995. 
La construction d’un hôpital militaire a été commencée en 1778. Complété et agrandit de 1826 à 1832 il sera entièrement détruit par le séisme de 1843 puis reconstruit dès 1852 et au début des années 1860. Réaménagé en 1883, il est depuis 1895 "lycée Carnot" (classé en 1979). 


Bâtiments publics

Le marché 
Au début des années 1880, le maire Armand Hanne lance la construction de l’hôtel de ville (actuelle médiathèque Achille René Boisneuf, classée en 1987), inauguré en 1885. Bâtit après le séisme de 1843, détruit en 1871, le marché central s’établit en 1874 (classé en 1992). 

Premier musée Pointois, le Musée Schœlcher qui abrite des dons de Victor Schœlcher est inauguré en 1887 et classé en 1979.





Sur Manioc
Livres anciens :
Vidéos Manioc : 
Revue en ligne :

    Bonne lecture !
    A.S.
    Catégories: Manioc, UAG

    5ème Congrès international des écrivains de la Caraïbe

    mar, 04/04/2017 - 15:40
    Le dialogue des écritures


    Du 6 au 9 avril, débute le cinquième Congrès international des écrivains de la Caraïbe  en Guadeloupe. Le dialogue des écritures sera la thématique centrale de ce congrès. Elle permettra de s’interroger sur la motivation du choix d’écrire sur la Caraïbe. L’auteur peut-il s’émanciper de l’imaginaire ou du réel fertilisant Caribéen pour s’adresser au monde? Quels sont les plaisirs que procure l’acte d’écrire sur la Caraïbe insulaire et continentale? Et pour dire quoi au lecteur d’ici et d’ailleurs? Des questions qui sous-tendent les défis que les auteurs caribéens doivent relever... A noter qu'un hommage sera rendu à Derek Walcott et Guy Tirolien.
    Pour découvrir le programme détaillé, cliquez-ici.

    Manioc vous propose des documents en relation avec la thématique du congrès.
    Vidéos :

    Sur Etudes et Recherches :

    Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe - Amazonie : 
    • Nancy Morejon, Les littératures de la Caraïbe, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 148-163.
    • Victoria Curiel, Littérature anglophone de la Caraïbe, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 166-175.
    • Jean-Pierre Arsaye, La littérature en langue créole de la zone américano-caraïbe francophone, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 192-201.

    Bonne lecture !
    C.P.

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